La Tour prend garde: du plomb dans l’aire de la Dame de fer? MAJ-12/03/21

Luc Baillet 1
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MISE À JOUR N°03 DU 13/03/2021 – 16h26

Tour Eiffel : le chantier de peinture suspendu à cause du plomb – AFP

La campagne de peinture en cours sur la Tour Eiffel est suspendue depuis début février en raison des traces de plomb mesurées “en surface, dans l’enceinte du monument”, a indiqué vendredi la société d’exploitation du monument (Sete) à l’AFP.

Lire l’article de médiaplus du 07/02/2021

Capture d’écran du JT de TF1 le 03/02/2021 – 13h00

Mais que se passe-t-il sur le chantier de la Tour EIFFEL? Pour sa 20e campagne de peinture, la célèbre dame de fer, l’un des monuments les plus fréquentés au monde dans l’ère pré-Covid, subit une cure de jouvence. Entamé en 2019 pour une fin programmée en novembre 2022, le chantier – décapage et peinture – est titanesque au vu des 18.000 pièces reliées par 2,5 millions de rivets. 

Tout démarre ce 3/02/2021, par un article de France Info :

La Tour Eiffel fait peau neuve et retrouvera sa couleur d’origine

Le ballet des visiteurs a été remplacé par celui des peintres et les flashes des téléphones par le raclement des grattoirs : à presque 132 ans, la Tour Eiffel s’offre le plus gros lifting de son histoire dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024.

Le lendemain, jeudi 4 février 2021, au JT de 13h, TF1 diffuse une première version du reportage, avec plusieurs interviews, donc celle de M. Alain DUMAS, Directeur Technique de la SETE (Société d’Exploitation de la Tour Eiffel) qui déclare: ” Dans le chantier et à l’abri des filets, il y a du plomb, on contrôle le taux de plomb et les compagnons qui travaillent sur la campagne de peinture sont protégés“.

https://www.tf1.fr/tf1/jt-13h/videos/la-tour-eiffel-soffre-un-lifting-en-vue-des-jo-27592625.html

Le soir même, TF1 rediffuse le sujet, mais sans une version remontée, qui d’achève par l’interview de cordistes, oeuvrant en toute sécurité. Exit les déclarations des représentants de la SETE…

Il est vrai que la protection des travailleurs est devenue une priorité des donneurs d’ordre, notamment depuis la condamnation de la SETE, le 11 octobre 2016, suite à plainte du CHSCT. Et surtout depuis le renforcement de contrôle sanitaire par les autorités concernées comme la CRAMIF, l’OPPBTP our l’Inspection du Travail, après l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris…

Selon “le Parisien”, dans une édition du 26/10/2016 : “La direction savait mais n’a rien dit. Selon nos informations, la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a été condamnée, le 11 octobre, à 18 700 euros d’amende pour délit d’entrave par le tribunal correctionnel de Paris. Détenue majoritairement par la Ville, l’entreprise n’avait pas informé son Comité hygiène et sécurité (CHSCT) des taux de plomb élevés dans ses peintures lors d’une rénovation en 2012. Cette découverte avait entraîné la suspension du chantier afin d’écarter tout risque sanitaire pour les ouvriers et les visiteurs.”

Mais dans la nuit de jeudi, des internautes avertis diffusent sur les réseaux sociaux, un extrait du reportage, choqués par plusieurs séquences. On y voit en effet des compagnons certes harnachés et équipés de masques de protection respiratoire, piquer le revêtement plombifère à l’aide de piolet, provoquant des éclats de peinture sans aucun dispositif d’aspiration à la source…

Capture d’écrans du JT de TF1. On aperçoit les filets antichute derrière le casque du cordiste.

Or on remarque surtout la nature des “filets” évoqués par le directeur technique, dans le JT de 13h. Il s’agit de classique filets “antichute”, d’outils ou de personnes, qui par contre ne peuvent pas retenir les éclats de peinture…

Dès lors l’alerte est repérée par plusieurs vigies du résoA+ et des contacts sont établis entre plusieurs intervenants directs ou indirects du chantier.

A cette heure, Vendredi 5 février 23h23, on apprend, de source sure, que des mesures auraient été prises pour stopper les risques de pollution environnementale. Car des solutions préventives existent bien, pour maitrise le danger à la source…

A suivre…

Dimanche 7 févier 2021.

Sur LINKEDIN, plusieurs internautes s’étonnent des pratiques montrées dans le reportage de TF1. D’autres répondent, en se déclarant “sachant” et plus ou moins impliqués dans ce chantier que tout va bien et que les contrôles sont satisfaisants.

Or, personne n’évoque l’alerte révélée par Par Laurent Valdiguié, dans l‘édition de Marianne, le 13 janvier 2021 qui titrait:

Alerte au plomb à la tour Eiffel

“Les dernières mesures datent du 5 janvier et elles sont affolantes. Alors qu’en intérieur le seuil réglementaire de dangerosité du plomb est fixé à 1 000 microgrammes par m2 (5 000 mg/m2 dans les espaces publics parisiens selon l’agence régionale de santé), des taux de concentration de plomb détectés sur la tour Eiffel « explosent » les plafonds : selon les informations de Marianne, une mesure au rez-de-chaussée, sortie escalier sud, est de 22 452 mg/m2. Une autre à proximité est de 9 563 mg/m2. Et au premier étage, au niveau de la coursive nord-est, une mesure a fait bondir le compteur à 46 333 mg/m2. Plus de neuf fois le seuil autorisé ! Des taux hors normes. « Nous testons le plomb en permanence, nous nettoyons tout le temps, et nous remédions à ces mesures ponctuelles », se défend Alain Dumas, le directeur technique de la tour Eiffel.”

Et l’article de conclure: « Il y a un effet Notre-Dame sur les chantiers parisiens », estime le directeur technique de la Tour, affirmant que l’actuel chantier « redouble » de précautions… Au vu des dernières analyses, la Cramif et l’Inspection du travail vont devoir se poser la question.

Fin janvier, l’article avait fait l’objet de post sur LINKEDIN et chacun attendait les résultats des mesures de contrôles et préconisation des autorités.

https://www.linkedin.com/posts/ivan-dilly-a373b7143_alerte-au-plomb-%C3%A0-la-tour-eiffel-activity-6760111273951727616-e6_X

Il faut relever toutefois la position plus ancienne de la CRAMIF, publiée dans un article du Parisien le 10 mars 2018. On pouvait y lire:

“Concrètement, cela va se traduire par la pose de grandes bâches, entre le rez-de-chaussée et le premier étage, les zones les plus corrodées. « Ces grandes bâches, rattachées les unes aux autres, sont nécessaires pour confiner le bâtiment, le temps du chantier », admet Alain Dumas. Le but est de protéger les employés, mais aussi les visiteurs, l’édifice restant ouvert pendant les travaux.”

Enfin, après quelques recherches sur la toile, on trouve la page officielle sur la peinture de la Tour Eiffel:

La campagne de peinture est un événement important de la vie du monument et revêt, comme tout ce qui est lié à la tour Eiffel, un caractère véritablement mythique : pérennité d’un ouvrage d’art connu dans le monde entier, couleur du monument symbole du paysage parisien, prouesse technique des peintres insensibles au vertige, importance des moyens mis en œuvre.

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