Société démocratique et pro-technologique : un oxymore ?

Luc Baillet

Une société démocratique pro-technologique ne peut plus tolérer l’ignorance scientifique et
technique de ces décideurs. En effet, la complexité technologique est incompatible avec un
processus démocratique représentatif, s’il n’y a pas une information et une formation
continue des décideurs politiques, afin que ceux-ci préservent leur indépendance de jugement
vis-à-vis de conseils technologiques plus ou moins intéressés au niveau affaires.

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Frédéric FURLANO (RDT) – Jean Michel GARNIER (AZB)

Une société démocratique pro-technologique ne peut plus tolérer l’ignorance scientifique et
technique de ces décideurs. En effet, la complexité technologique est incompatible avec un
processus démocratique représentatif, s’il n’y a pas une information et une formation
continue des décideurs politiques, afin que ceux-ci préservent leur indépendance de jugement
vis-à-vis de conseils technologiques plus ou moins intéressés au niveau affaires. Ceci est
directement relié à la question des liens d’intérêts qu’il faut désormais bannir, si nous
souhaitons revenir à de vraies pratiques démocratiques que nos territoires n’auraient jamais
dû négliger.
Par ailleurs, pour des déploiements techniques pertinents, il reste à analyser le besoin réel des
populations en termes de connexions sédentaires/mobiles ainsi qu’en terme de flux de
données (voix ou internet), afin d’identifier les solutions techniques adaptées pour chaque
usage et chaque contexte. Ceci afin de répondre de manière satisfaisante et pragmatique à
chaque type de besoin de connexion, pour le meilleur rapport bénéfices/risques.Encore eut-
il fallut que les risques soient objectivement évalués et pris en compte.
Mais pour que cette analyse du besoin ne soit pas biaisée, il est indispensable que la
population soit pleinement informée des enjeux de Santé Publique liés à desdéploiements
massifs de technologies sans fil, beaucoup plus rapides que le temps nécessaire à une
vérification scientifique indépendante de l’innocuité réelle de ces technologies.

De fait, ceci reviendrait à faire respecter la loi 2002-285 découlant de la convention d’Aarhus
, ratifiée par la France en 1998, pour parvenir à un consentement éclairé réel des populations.
Au lieu de cela, un conditionnement des populations est en réalité opéré afin qu’ellesvalident
les déploiements techniques les plus risqués vis à vis de leurs propres intérêts, sans que cela
ne réponde vraiment à leurs besoins de connexion. Les populations sont ainsi désormais au
service de la technologie, comme un goinfre ne vit plus que pour manger, alors que l’inverse
devrait être la règle.
Mais si l’État assurait réellement sa fonction de régulation, ceci devrait commencer par
intégralement réformer la réglementation française sur les expositions aux ondes
électromagnétiques datant de mai 2002, laquelle n’a jamais pris en compte la profonde
révolution des usages et des utilisateurs, en particulier l’exposition des plus vulnérables,
depuis lors.
Frederic Furlano – Conseil Scientifique de Robin des Toits

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